Dans le but de réduire la forte pression des maraîchers sur la Comoé et favoriser la protection de ses berges que l’AEC a initié un voyage de partage d’expérience sur l’exploitation des eaux de puits pour le maraîchage les 25 et 26 avril 2019 dans la province du Sanguié réputé dans la production des oignons au Burkina Faso au profit des exploitants des berges de la Comoé.

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En 2018, la pression sur les berges de la Comoé notamment sur le tronçon allant de la prise d’eau de Karfiguéla au village de Diarabakoko (commune de la Banfora) a fait naitre de fortes tensions entre les usagers d’eau au regard de la forte demande d’eau et du faible niveau de remplissage des retenues d’eau (Barrage de Moussodougou, Loby et Toussiana) qui contribuent à alimenter le cours d’eau. Cette forte demande est en partie liée à l’augmentation exponentielle de la superficie exploitée en maraichage le long de la Comoé qui est passée de 405 ha en 2014 à 2410 ha en 2018. 

L’objectif de ce voyage est de permettre aux occupants des berges de la Comoé d’apprendre de l’expérience des maraîchers du Sanguié sur la particularité de leurs sites d’exploitation.
Il s’agit spécifiquement pour les participants de ;
• Echanger avec les maraichers de la région du Centre-Ouest sur leurs techniques de production et les contraintes auxquelles ils font face ;
• Tirer des leçons pour réduire les pressions sur les berges de la Comoé en faisant davantage recourt aux puits maraichers ;
• Susciter au sein des participants le recours aux eaux souterraines (puits) pour le maraichage ;
Le maraîchage au Burkina Faso est surtout pratiqué dans des bas-fonds, autour des barrages, des lacs et le long des cours d’eau (rivière ou fleuve) appelé site d’exploitation. Toutefois la région du Centre-Ouest se particularise par la pratique de l'activité de production maraîchère en grande partie autour des parcelles de case avec l’utilisation d’eau des puisards.
En somme, les participants estiment avoir appris des techniques pour la mobilisation d’eau. Ils ont également appris qu’il y avait des possibilités de produire à travers les eaux souterraines (puisards) même sur les hautes terres, ce qui permettrait de s’éloigner des berges des plans et cours d’eau afin d’en assurer la protection des ressources en eau. Les participants s’engagent donc pour la promotion du recours aux eaux de puits pour le maraichage ce qui va atténuer un tant soit peu les conflits d’usage.